Présentation

W3C

  • Flux RSS des articles

Les Dires de Lao Tseu, le chien philosophe

Mardi 15 juillet 2008



Ecureuil n° 1 dans le noisetier de Lao Tseu
juillet 2008



- "Qu'est-ce que tu fais Lao Tseu ?" demandai-je à la chienne philosophe vautrée sur la chaise longue de la terrasse. Elle poussa un profond soupir et redressa paresseusement la tête vers moi.

- Je regardais le noisetier….

- Et tu t'intéresses à l'arboriculture depuis quand ? raillai-je tout en continuant de vider le lave-vaisselle.

- Depuis tout le temps d'abord. Sache que la culture du noisetier est en passe de prendre les devants sur celle du prunier en Lot et Garonne et que cela fait de nous un des principaux producteurs de noisettes en France. De plus les arbres parlent à mon imaginaire canin et mes racines asiatiques y puisent une source de méditation inestimable.

Sur ce elle se mit sur le dos et offrit ses petits tétons roses aux premiers rayons de soleil matinaux.

- Et sans indiscrétion, quel est ton sujet de méditation ce matin ?

- La faune locale ma chère Khassiopée, la faune locale… sa voix avait pris un ton énigmatique qui éveilla ma suspicion.

- Tu pourrais préciser un peu ?

- Et bien je me réjouis de ce qu'un espace aussi exigu que notre jardin (elle insista tout particulièrement sur le possessif "notre") accueille autant d'espèces animales. Dès lors que le biotope est idéal tout est possible même dans quatre-vingts mètres carrés nichés en plein cœur d'une ville.

Je dus admettre que j'avais moi-même pu observer au cours de ces derniers mois : une couleuvre à collier, une taupe (expulsée manu militari), moult lézards, des abeilles, des guêpes, un hérisson, une nichée de merles, un couple de tourterelles et un nombre incalculable d'oiseaux en tout genre.

- Mais cet intérêt soudain pour le noisetier, c'est étrange Lao Tseu.

Elle se remit brutalement sur son séant et fixa sur moi ses prunelles sombres.

- Mais Khass, on nous raconte que des conneries ! La preuve dans le noisetier ce matin !

- ?....

- On nous bassine avec la prévoyance des écureuils, qui font des provisions pour l'hiver et bien tu sais quoi ? C'est rien que des mensonges, les écureuils envahissent les noisetiers, cueillent les noisettes, fort délicatement au demeurant, et les gobent tout rond  sur place ! Je peux t'assurer que depuis ce matin que je les observe, je n'en ai pas vu un emporter la moindre noisette. CQFD.

A ce moment précis je notai une soudaine agitation au milieu des feuillages. Je m'approchai discrètement de l'arbre, juste assez vite pour apercevoir une touffe de poils roux disparaître dans une branche. A mes pieds, le sol était jonché des restes de ma future récolte de noisettes.

- Laisse tomber me lança la philosophe depuis sa chaise longue, les noisettes, je n'ai jamais trouvé ça si terrible !

 

 

Ecureuil n° 2 dans le noisetier de Lao Tseu

juillet 2008


Par Lao Tseu
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Jeudi 5 juin 2008

        

      
Gironde, Bordeaux



        - "Qu'est-ce qu'il t'arrive?

         - Je palpite Lao Tseu, je palpite".

La chienne philosophe entreprit de renifler avec circonspection le petit boîtier qui pendait à ma ceinture. L'appareil ne dû lui délivrer aucun message subliminal d'importance car elle se rassit assez rapidement contre moi, l'air infiniment déçu.

         - Il ne faut quand même pas être le Messie, ni la réincarnation de Bouddha le Bien-Aimé pour percevoir les fluctuations des émotions qui te gouvernent, grommela-t-elle en se grattant le derrière de l'oreille.

Je me replongeai dans la lecture du roman de Kate Atkinson "Sous l'aile du bizarre". J'en étais à la moitié et je dois avouer que malgré une quatrième de couverture plus que prometteuse, j'avais la curieuse impression de faire du sur place "narrato-fictionnel" (ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, je viens juste de l'inventer). Lao Tseu, une longue mèche de cheveux dégoulinant devant les yeux, se plongea dans l'étude de la fiche où j'étais tenue de collecter toutes les informations concernant mes activités, l'heure et les symptômes éventuels constatés.

         - "11 heures 20, lu t-elle d'une voix appliquée, taches ménagères, RAS. Le toubib va dire que tu as un côté "tatasse" (ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, c'est un régionalisme que seuls quelques autochtones  un peu attardés utilisent encore !). Elle enchaîna, 13 heures 30/ 15 heures 30 : Jardinage, RAS.  16 heures/17 heures : vélo, quelques palpitations. 18heures 30, conversation téléphonique, palpitations +++…. . Elle me jeta un regard en biais, un brin suspicieux. Dis donc Khas, tu palpites au téléphone toi ? Finalement, ils ont peut-être raison de dire que les ondes des téléphones portables sont nocives pour la santé… . Dis Khas, tu ne vas pas mourir hein ?

         - Non Lao Tseu, je ne vais pas mourir. Pas maintenant en tout cas.

         - Mais alors, pourquoi tu palpites autant dis, hein ?

         - Parce que je suis vivante Lao Tseu, très vivante…

 



Par khassiopée
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mercredi 23 avril 2008

 


Normandie
Falaise d'Etretat
22 avril 2008


825 kilomètres pour voir la mer…. Parfois je me demande ce que Khassiopée a dans la tête ! Ici, il y a un gros chien, deux chats et des créatures plates et bizarres qui évoluent dans un espace vitré rempli d'eau. Il y a aussi un jardin, un peu comme le nôtre mais plus grand avec d'autres créatures bizarres sauf qu'elles sont rouges et qu'elles vivent dans la mare. Il paraît qu'il y a un hérisson et un renard qui viennent dans ce jardin mais je ne les ai pas vus, pas encore en tout cas. De toute façon, le renard je ne sais pas trop si j'ai envie de le rencontrer.

         Hier matin, nous sommes descendus voir la mer, la même que l'on voit sur les tableaux de Monet. Je ne veux pas le crier très fort, parce que Khassiopée avait l'air  tellement contente, mais leur plage, elle ne vaut rien. Sur ma plage à moi, celle dans les Landes vous savez, le sable est fin, fin, fin et quand je cours il vole partout autour de moi et j'aime bien. Sur leur plage il n'y a que des cailloux et quand on court dessus ils ne volent pas autour. La mer, elle a l'air normale, bleue : la mer quoi ! elle fait juste un peu moins de bruit que l'autre, la mienne je veux dire, celle des Landes mais Khassiopée m'a dit que ce n'était pas la mer mais l'océan. J'ai regardé la carte vous pensez bien, histoire de vérifier. Je  pensais qu'il y aurait une barrière entre les deux, un truc tangible qui indiquerait clairement : "Vous quittez les eaux de l'Océan Atlantique pour entrer dans celles de la Manche". En fait c'est virtuel cette histoire et profondément arbitraire, comme entre les départements et les pays.

         Ensuite, on est  allé marcher longtemps au-dessus de la mer et des falaises. Je n'avais jamais vu la mer de si haut avant, ni l'océan d'ailleurs. Il faisait doux et les goélands volaient dans un air laiteux où la mer se perd dans l'horizon. C'était beau voilà.

         Hier soir, on a bu du Tariquet avec le foie gras de Khassiopée. Du Tariquet, je n'en ai pas bu mais j'ai eu le droit de goûter le foie gras, un peu. On a terminé la soirée devant la télé et des documentaires en compétition pour les Jules Verne Award 2008.  J'aurais bien voulu regarder "De l'autre côté de l'Himalaya" mais ils ont préféré deux documentaires sur les animaux. Finalement ce n'est pas grave, je me suis vite endormie et j'ai rêvé d'un monde sans frontières et de goélands dans le ciel normand.


 


Par Lao Tseu
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Mardi 11 mars 2008



Yzandrine m'a taguée, mais comme Mrs K est en train de travailler, je m'y colle....  

undefined
Lao Tseu
Février 2005


1. Je suis encore une vraie jeune-fille
2. Je n'ai jamais voulu aller jusqu'au bout de l'Estacade à pied : j'ai le vertige et j'ai trop peur quand je vois clapoter les vagues en dessous. Bénies soient les tempêtes !

3. Je ne mange que des croquettes de marque

4. Je peux rester quatorze heures d'affilées sans faire pipi.

5. Mon jouet favori c'est une tortue verte en plastique pour le bain ça vaut bien le canard de Sonia Rykiel

6. Je ne m'épile jamais….

Allez, vous auriez bien quelques petits secrets inavouables ? Sont désignées comme victimes :
    - Fantômette (elle laissera ses petits secrets sur un com)
    - Manon (sa complice si ! si !) et ensuite qui voudra parce que je ne sais pas trop car tout le monde y est passé !
    - La femme-lionne
   
   


Par Lao Tseu
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires
Lundi 4 février 2008

undefined
La table de nuit de Khassiopée
janvier 2007
 

       

          A six heures quinze ce matin il faisait encore nuit et le vent n'avait pas arrêté de souffler : un vent coléreux et sournois qui s'immisçait partout et secouait avec véhémence le rideau de la cheminée et un volet mal fermé hier soir. Par contre, il pleuvait à peine. Je me levai, Lao Tseu sur les talons. Je me sentais mal et je n'avais pas eu besoin de confronter mon regard à celui de la chienne philosophe pour savoir que ce n'était guère mieux pour elle.

 

         - J'aimerais bien comprendre cette manie que tu as de te lever dès potron-minet tous les matins que le Bon Dieu fait, miaula-t-elle (en tout cas ça ressemblait à un miaulement).

 

         Je lui épargnai le sempiternel refrain sur la nécessité de gagner sa vie pour mériter sa place au sein de la société et la jetai dehors pour qu'elle puisse satisfaire ses besoins naturels. De derrière la porte à peine refermée ne tardèrent pas à monter des gémissements pathétiques. Cela tenait du vagissement de nouveau-né et du miaulement (je persiste) désespéré. Je fis la sourde oreille et m'installai l'air sombre devant mon bol de café et mes tartines. La pluie s'était mise à tomber avec précipitation et je l'entendis se fracasser sur le toit de la terrasse et courir dans les chenaux. Je déteste le bruit de la pluie de bonne heure, qu'on ne me parle ni de son chant, ni de sa musique ; la pluie c'est de l'eau froide qui tombe et rien de plus. Les miaulements du chat ne tardèrent pas à se mêler à ceux du chien et je regrettai que ni l'une ni l'autre ne puisse ouvrir la porte. Je restai sans réaction, contemplant stupidement mon café, les tartines et la confiture. Une rafale plus violente que les autres fit gémir la charpente et la vieille maison fut enveloppée par le hululement des éléments. Dans le jardin, les arbres agitèrent leurs branches outragées dans l'obscurité humide et Lao Tseu se mit à gratter la porte avec frénésie. Lao Tseu a horreur du vent et le chat hait la pluie. Je leur ouvris enfin, ils s'engouffrèrent dans la cuisine en se bousculant comme des potaches. Le chat se jeta sur ses croquettes et Lao Tseu sauta s'asseoir à côté de moi.

 

         - Moi, affirma-t-elle sans sourciller, quand je serai vieille, je n'irai plus travailler.

 

L'information remonta lentement vers mon neurone valide. Je ne savais que penser de cette remarque, ou alors trop bien….

 

         - Tu penses que je suis trop vieille hein ?

 

         - Ce n'est pas ce que je voulais dire, je pense juste que ce serait bien d'aller faire pipi vers dix heures du matin et de préférence quand il ne pleut plus. Tu pourrais me brosser tous les jours et je n'aurais plus jamais de nœuds et puis le matin on se ferait un câlin… J'aime bien quand tu me masses les coussinets.

 

Cette histoire me tarauda tout le long d'un trajet entrecoupé de giboulées et de rafales : étais-je si vieille que cela ? Je finis pas oublier de m'interroger sur ce problème crucial et vaquai à mes occupations d'enseignante qui enseigne des savoirs indispensables pour devenir un adulte autonome et responsable. J'atteignis ma sixième heure de cours de la journée le vent en poupe et l'œil encore vif (ce qui n'allait pas durer…) et me présentai après un café et un bout de gâteau au chocolat devant mes élèves de Bac Pro. L'heure était importante, nous allions commencer une séquence sur le texte poétique dont le support était un groupement de poèmes sur la guerre. J'ouvris mon sac pour y prendre mes lunettes (à montures roses, strassées et de marque italienne !!!). Las ! les bésicles ne s'y trouvaient point. J'entrepris alors de retourner mon classeur, mon bureau en vain. Témoins impuissants de mon agitation effrénée et muette, mes élèves finirent pas me demander ce que je cherchais.

 

- Mes lunettes vous dis-je, mes lunettes !

 

Un silence respectueux et apitoyé s'installa dans la salle. Un jeune rouquin (qui lui avait les siennes sur le nez), rayonnant d'hilarité me fit alors remarquer "si-vous-permettez-madame-et sans-vouloir-me-moquer-vos-lunettes-vous-les-avez-sur-la-tête".

 

Dehors la dernière giboulée séchait ses flaques au soleil enfin revenu. Je pensais à Lao Tseu qui dormait sans doute sur mon fauteuil art déco ou alors dans mon lit et je me sentis vieille, très vieille !


 
 
 
Par khassiopée
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Samedi 29 décembre 2007


Encore plus à l'Est, c'est l'Ouest (Lao Tseu, mais c'est vrai on dirait du Pierre Dac)

undefined
Hautes Pyrénées
Massif du Néouvielle
juillet 2005 (Argentique numérisé)


Par Lao Tseu
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Vendredi 30 novembre 2007


Lao-T.JPG
Lao Tseu et le fauteuil art-déco

        J'étais en train de m'affairer à la préparation d'un délicieux chocolat chaud parfumé à la cannelle et à l'orange que je me promettais de savourer vautrée dans mon fauteuil en compagnie d'enfant n°2 quand la voix de Lao Tseu me tira de mes pensées gourmandes.

 

- Dis donc Khas, c'était qui ce monsieur hyperactif qui vient de parler à la télévision ?

 

Lao Tseu ne regarde jamais la télévision, ce qui lui permet entre autre de conserver une âme pure, d'échapper au matraquage publicitaire particulièrement intense en cette saison et aux incontournables de la vie quotidienne en France.

 

- Il me semble que notre Chef d'Etat devait prendre la parole à 20 heures 10, lui répondis-je tout en continuant à remuer ma mixture dont les effluves commençaient à se répandre dans la maison.

 

Je l'entendis s'agiter sur mon fauteuil en cuir et se gratter furieusement le derrière de l'oreille droite (Lao Tseu se gratte toujours le derrière de l'oreille droite quand elle réfléchit).

 

         - Ce n'est pas toujours aux assises que sont jugées les personnes accusées d'avoir fait usage d'une arme contre une autre ?

 

J'acquiesçai sans relever la tête. La cuillère en bois fendait en tournant la robe lisse et veloutée du chocolat. Je sortis deux tasses en porcelaine anglaise et y versai le précieux breuvage odorant sans me presser, rien ne pressait.

 

         - Toutes les personnes qui ont fait usage d'une arme contre n'im-porte-quelle-  autre-personne? insista-t-elle en lorgnant le contenu de la tasse que je venais de poser près du fauteuil.

 

         - Bien oui, c'est normal non ?

 

Avec mauvaise grâce, elle consentit à se pousser un peu pour me laisser m'installer à côté d'elle. Je lui rappelai que le fauteuil en cuir art-déco m'avait été offert pour mon anniversaire afin d'y couler des moments de repos bien mérités. Contre toute attente, elle fut prise d'un accès de fou-rire qui faillit la jeter à bas de son (mon ?) siège et que j'eus toutes les peines du monde à endiguer. Je l'interrogeai sur les motifs de cette inexplicable et soudaine hilarité.

 

         - Ma pauvre Khas, me confia-t-elle entre deux hoquets, on voit bien que tu n'as pas bien écouté le monsieur hyperactif de la télévision : le repos maintenant, c'est juste bon pour les chiens !

 

Elle s'endormit aussi sec bien en boule sur mon ventre et se prit à rêver de chasseurs de lapins et de cour d'assises.

 
 
 
 
 
 
 
 
Par Lao Tseu
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus