Merci pour le chocolat
Publié le 7 Octobre 2006
"Je t'attends à 12 heures 20 devant le Hall de Paris, c'est là qu'à lieu le Salon du chocolat" qu'elle avait dit Béatrice. "Et puis tu peux pas te tromper c'est au centre ville, Place des Récollets" qu'elle avait ajouté. A 12 heures 15, j'avance le museau de ma japonaise blanche sur la place du marché de Moissac, bondée de monde et de forains en train de replier leurs étals. Je comprends vite que vouloir me garer à cet endroit est une très mauvaise idée. Après avoir essuyé quelques réflexions du cru, (auxquelles je ne prête que l'attention qu'elles méritent, c'est-à-dire aucune), et effectué une savante marche arrière, j'abandonne mon véhicule pour gagner l'entrée du Hall de Paris d'où s'échappe une délicieuse odeur de chocolat fin. Point de Béatrice en vue. Petit tour, quelques photos. Je sors mon portable "Béatrice, t'es où ?". " Juste derrière toi !". Elle est toute de noir vêtue ce qui rehausse son teint doré et on est très contentes de se revoir. Quant à moi, pour le noir, j'ai fait un effort, mais le chemisier est écru, toute en noir j'ai l'air d'une veuve corse !
Nous nous installons, pour déjeuner, sur la terrasse d'une charmante petite auberge près du cloître. Ambiance méridionale de briquettes roses, volets bleus ou verts et un soleil très doux pour nous tenir compagnie. Nous refaisons le monde, bien sûr, en sirotant notre verre de Tariquet. Je m'étrangle d'un coup. "Qu'est-ce qui t'arrive ?" s'inquiète Béatrice. "Il y a un monsieur tout nu à la fenêtre en face". "Non !" ; "Ah, si, tu as raison, il est bien tout nu". Imperturbables, nous finissons notre souris d'agneau. Nous ne reverrons pas le monsieur tout nu !

Robe en chocolat, Salon du Chocolat, Moissac
Sans nous presser, nous gagnons le Hall de Paris où Béatrice-Patricia doit signer son livre "l'Ombre de Montfort" au stand de l'espace noir, entièrement consacré au roman noir. A l'intérieur l'ambiance est plutôt chocolat et l'odeur fait chavirer mes narines. Je laisse Béatrice à ses lecteurs. Ici, ça fond dans la bouche, là ça croustille délicatement sous la dent, amer, doux, au lait, citronné, poivré, je m'adonne sans retenue au troisième péché capital et ma foi (sic!) c'est bigrement bon. Petite échappée vers le cloître qui mérite bien quelques photos. Entre temps, Dominique Delpiroux, auteur lui aussi de polars, a rejoint Béatrice. Il me dédicace ces deux romans qui vont rejoindre dans mon sac quelques poches de chocolat.
L'après-midi est déjà bien avancée, il y a beaucoup de visiteurs-pécheurs mais je dois rentrer. Je salue le propriétaire de la librairie "Le Scribe", Dominique Delpiroux, ces messieurs sont charmants. J'embrasse Béatrice qui a le temps de m'expliquer la différence entre un névrosé et un psychotique. Moi, je ne suis que névrosée, c'est pas grave, je me sens rassurée !
Mes cheveux sentent le chocolat, le soleil un moment disparu, vient de refaire son apparition sur la Place des recollets.
