La Chamade
Publié le 5 Juin 2008
Gironde, Bordeaux
- "Qu'est-ce qu'il t'arrive?
- Je palpite Lao Tseu, je palpite".
La chienne philosophe entreprit de renifler avec circonspection le petit boîtier qui pendait à ma ceinture. L'appareil ne dû lui délivrer aucun message subliminal d'importance car elle se rassit assez rapidement contre moi, l'air infiniment déçu.
- Il ne faut quand même pas être le Messie, ni la réincarnation de Bouddha le Bien-Aimé pour percevoir les fluctuations des émotions qui te gouvernent, grommela-t-elle en se grattant le derrière de l'oreille.
Je me replongeai dans la lecture du roman de Kate Atkinson "Sous l'aile du bizarre". J'en étais à la moitié et je dois avouer que malgré une quatrième de couverture plus que prometteuse, j'avais la curieuse impression de faire du sur place "narrato-fictionnel" (ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, je viens juste de l'inventer). Lao Tseu, une longue mèche de cheveux dégoulinant devant les yeux, se plongea dans l'étude de la fiche où j'étais tenue de collecter toutes les informations concernant mes activités, l'heure et les symptômes éventuels constatés.
- "11 heures 20, lu t-elle d'une voix appliquée, taches ménagères, RAS. Le toubib va dire que tu as un côté "tatasse" (ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, c'est un régionalisme que seuls quelques autochtones un peu attardés utilisent encore !). Elle enchaîna, 13 heures 30/ 15 heures 30 : Jardinage, RAS. 16 heures/17 heures : vélo, quelques palpitations. 18heures 30, conversation téléphonique, palpitations +++…. . Elle me jeta un regard en biais, un brin suspicieux. Dis donc Khas, tu palpites au téléphone toi ? Finalement, ils ont peut-être raison de dire que les ondes des téléphones portables sont nocives pour la santé… . Dis Khas, tu ne vas pas mourir hein ?
- Non Lao Tseu, je ne vais pas mourir. Pas maintenant en tout cas.
- Mais alors, pourquoi tu palpites autant dis, hein ?
- Parce que je suis vivante Lao Tseu, très vivante…