Lao Tseu et le vers luisant

Publié le 24 Juillet 2006






Lao Tseu, le shih-Tzu philosophe



                       

        Contrairement à Khassiopée, avant, je n'étais rien ; dit autrement, je n'existais pas. Elle est tombée sur terre un matin de juillet, le 9 exactement, je suis arrivée bien des années plus tard dans sa vie et au départ, ce n'était pas prévu. Je n'aurais pas dû naître, et Wang n'aurait jamais dû mourir en tout cas, pas si vite. Mais c'est ainsi que se croisent les destinées et qu'elles unissent leurs pas pour faire ensemble un bout de chemin.

         Au début, nous deux, ça n'a pas été simple. Je voyais bien qu'elle ne pensait qu'à cette Wang qui courait désormais comme une échevelée dans ce ciel d'où elle était tombée. Elle passait son temps à me renifler partout à la recherche d'une odeur chère à jamais disparu. "Tu sens presque comme elle", me disait-elle et dans ce "presque" je sentais bien que ce n'était pas encore assez. Alors, j'ai beaucoup mangé pour grossir très vite, pour être comme "l'autre", aussi grosse dans son coeur. Je sais maintenant que je ne serai jamais aussi grosse mais, ça m'est égal car je suis quand même déjà très grosse pour elle.

         On ne se quitte que rarement. J'aime bien la sentir près de moi. Je me couche près d'elle et c'est suffisant, juste le bruit de sa respiration et son odeur qui emplit ma truffe noire. J'aime bien quand elle m'emmène marcher, même si elle marche trop vite pour mes petites pattes. Elle m'attend toujours un peu plus loin et si je suis vraiment trop fatiguée, on s'assoit sur les talus herbeux et on écoute la nature.



Vers luisant (autoportrait)

         L'autre soir, il faisait si chaud que l'on est restées longtemps dans le jardin à attendre le frais. Sous les verveines qui embaumaient l'air saturé de chaleur elle a trouvé un point lumineux qui dardait d'une aura verte et scintillante le sable alentour. Ce point lumineux s'allume tous les soirs quand la nuit éteint le soleil, chaque soir au même endroit, chaque soir avec la même aura. Je trouve ça joli moi, même si je ne suis qu'un petit chien qui ne connaît rien aux vers luisants. Ce que j'aime aussi c'est regarder avec elle le soleil tomber derrière l'Océan, parce que je vous jure, le soleil tombe tous les jours derrière l'Océan et après c'est la nuit et après les étoiles s'allument dans le ciel et les vers luisants sous les verveines embaumées.

         Parfois, le ciel se fâche et tout ce bruit me remplit d'effroi. Il n'y a pas que les hommes qui ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Je me serre très fort contre Khassiopée et je n'ai presque plus peur. On devrait toujours avoir moins peur quand on aime.

        

        

 

Rédigé par Lao Tseu

Publié dans #Les Dires de Lao Tseu - le chien philosophe

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M
Je m'ennuyais de ton écriture...et de tes phrases tellement pensées. Moi, ça me pendrait des lustres pour pondre d'aussi belles phrases. Cet article m'a fait penser à La vie devant de soi de Romain gary, il philosophe à travers l'esprit d'un enfant (c'est certain que tu connais).  Lao Tseu est comme le petit Momo, elle dit les choses simples, mais ce qu'elle dit est plus profond et authentique qu'une phrase complexe de 100 mots. Grosses Bises. Maja.
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C
c'est ce chien tout poilu qui a écrit le Tao te king?????
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B
Bises à toutes les deux
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L
J'ai le même chien....On l'a rebatisée Louma car son nom de pedigree était Ling chang d'imperial Lang ching..un peu compliqué et long...Un chien gentil avec toute l'attitude royale d'un chat! Merci pour ta visite. Bizzz
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Y
on devrait toujours avoir quelqu'un contre qui se serrer quand on a peur... bisous joli LaoTseu et bisous à Khassiopée qui prend si bien soin de toi.<br /> Ysa
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C
Belle Lao Tseu toute habillée de ses longs cheveux. Il y a deux soirées devant mon clavier et l\\\'écran scintillant sur la terrasse je divaguais la tête dans les étoiles. Alors que mes grands chiens étaient affalés sur le sol frais et ma tête harcelée d\\\'insectes velotants où se mêlaient des éclats furtifs, se pose devant mes yeux cette luciole perdue que je croyais connaître.Je la pris de ma main velue et l\\\'emmenait loin de la lumière aveuglante qui l\\\'avait égarée.
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M
Ah! Le lien entre l'humain et son meilleur ami! Ca ne cessera jamais d'inspirer. Vraiment touchant.
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