Khassiopée à Toulouse
Publié le 10 Novembre 2006
Garonne au couchant
Khassiopée a beaucoup de chance : elle vit dans une région réputée pour la douceur de son climat, sa diversité géographique et culturelle, ses grands crus et sa cuisine inimitable. Khassiopée est chauvine et elle l'assume. Comme elle a décidément beaucoup de chance, elle habite une charmante sous-préfecture située à égale distance de Bordeaux et Toulouse. Cependant, ses racines andalouses la porte plus naturellement vers le sud et, à force de flâner sur les bords ombragés du Canal, il lui arrive souvent de se retrouver en des lieux teintés de rose qu'un chanteur, naguère, sut si bien évoquer.
Khassiopée mercredi a dormi dans un hôtel adorable des vieux quartiers. Elle a arpenté des rues animés qui sillonnent la cité de Matabiau à la Daurade, des Jacobins à Saint-Sernin. Elle a siroté une bière fraîche en regardant le soir tomber sur la Place du Capitole et s'allumer les lumières de la ville dont la rumeur éveillait les souvenirs lointains de sa jeunesse passée. Elle a dîné dans un petit restaurant où l'on cuisine avec amour des mets curieux qui flattent les papilles.

Le Canal Latéral, péniche et reflets, Toulouse
Jeudi, elle a recommencé sa course folle retrouvant des odeurs oubliées, le calme d'un cloître dans le matin frileux, l'accent qui donne du soleil à la vie, un peu d'elle-même rue de la Garonnette. Elle s'est posée pour déjeuner dans un hangar entre un hôpital psychiatrique et les restes d'un site dévasté par une énorme explosion. C'était un moment agréable, khassiopée était avec des personnes chères qui lui réchauffent le cœur. Elle a fini sa course aux Ponts-Jumaux : le soleil était délicat et posait des flaques tendres dans l'eau où se miraient de vieilles péniches outragées par le temps.
Khassiopée n'a pas aimé rentrer. Elle aurait voulu rester là encore un peu et regarder une dernière fois le couchant illuminer Garonne.