Khassiopée à Bordeaux
Publié le 15 Juin 2007

Le ciel de Bordeaux charrie des nuages monstrueux. L'air saturé d'humidité colle à la peau : il va faire orage, encore… Malgré tout, je n'ai pas envie de rentrer directement. Pont Mitterrand, direction les chemins de traverse.
Il est déjà trop tard pour les chapiteaux de l'abbaye de la Sauve Majeure, on se contentera d'une vue générale de l'église Saint Pierre. Des rangs de vigne décrivent une courbe gracieuse et disparaissent dans un vallon noyé de verdure humide. Passage obligé par Créon, où la pluie nous fait battre en retraite, et Cadillac avant de reprendre l'autoroute à Langon. Le ciel bleu-noir nous tombe régulièrement sur la tête et sanglote sur le pare-brise de la Peugeot. Accalmie, enfin…
Le rosé de Duras 2005 a un goût de bouchon, il repart prestement en cuisine. Le rosé 2004 pétille sous la langue, c'est étrange. Par contre, le magret est tendre et la terrine de foie gras soulève les papilles d'aise. Dessert.
Dehors, il ne pleut plus. Autour de l'ancienne forteresse des Templiers il y a des nénuphars et un petit pont de bois où grimpe une glycine. Face à nous, le soleil couchant et les nuages se livrent un ultime combat pour le plaisir des yeux.
Ronds dans l'eau devenue flaque de lumière. Ronds dans l'eau. Surtout, ne lâche pas ma main.