Les nouvelles de Lise Tremblay

Publié le 27 Avril 2007





Maison du Bassin d'arcachon, détail


Je suis rentrée dans la petite salle, je me suis assise et j'ai pleuré. Il y avait quelque chose d'un peu surréaliste dans cette situation qui n'a échappé ni au réfrigérateur, ni à l'ordinateur. L'un ronronnait tranquillement dans un coin et l'autre terminait une analyse antivirus que personne ne lui avait demandé. C'est le propre des ordinateurs de faire des trucs comme ça. J'ai sorti mon repas du tuperware, un verre et une assiette. Mes larmes s'écrasaient comme des cataractes salées sur le revêtement jaune de la table de travail. Je savais bien qu'il fallait que je me calme avant que mes collègues n'arrivent : ça ne se fait pas de pleurer au boulot entre un frigo et un PC.

         Quand Jean est entré avec sa pizza il a bien vu que je n'étais pas dans mon assiette aujourd'hui, enfin, c'est une façon de parler parce qu'il était midi et que j'essayais coûte que coûte d'avaler mon taboulé oriental et mes carottes râpées en ayant l'air naturel. Il avait l'air drôlement embêté alors il a entrepris de ranger le réfrigérateur et il n'a rien dit. Les carottes ne me disaient plus rien non plus alors j'ai attaqué une tranche de jambon qui ne s'est même pas rebiffé. Je pleurais toujours avec de gros sanglots et tout. Ce n'était vraiment pas pratique de manger dans cet état. Thierry m'a tendu une grosse tartine avec du foie gras dessus. C'était rudement bon mais pas autant que si je n'avais pas pleuré. Thierry je l'aime bien, il a de beaux cheveux bouclés, il est un peu rond et il sent toujours bon, même après plusieurs heures de car.

         - C'est vrai que je suis chiante dis ? lui ai-je demandé en avalant une bouchée de la tartine. Le foie gras était doux, légèrement sucré, fondant sous la langue. Thierry est aussi un divin cordon bleu.

         - Bien sûr ! qu'il a dit en se bidonnant, tu ne le savais pas ? Il a marqué une pause avant de reprendre : Qui c'est qui t'a dit ça ?

J'ai haussé les épaules.

         - Tu as encore mis un homme devant ses manquements toi, hein ?

Je me suis remise à pleurer de plus belle. Même Josette était gentille. Elle a fini mes carottes et mon taboulé. Je lui ai offert le reste du jambon mais elle m'a répondu qu'elle était au régime. Jean avait fini de ranger le frigo et il pianotait mine de rien sur le clavier du PC.

         Je me suis mouchée dans une feuille d'essuie tout qui traînait par là et je me suis levée en déclarant que j'allais voir maman à la maison de retraite. J'ai demandé à quelqu'un de préparer du café et je suis partie.

         Dans la voiture, je me suis dit que j'aurais pu leur parler du recueil de nouvelles de Lise Tremblay que je venais de terminer ou des bow-windows de l'hôtel des vagues à Arcachon. Ils auraient sans doute trouvé bizarre que j'aille à Arcachon en plein milieu de la semaine. Ils auraient sans doute aussi ajouté que quand on a la chance de dormir dans une chambre dont la bow-window vous propulse dans l'eau du Bassin et bien on ne pleure pas.

         Maman allait bien, elle attendait son café. Comme elle est aveugle, elle n'a pas vu que j'avais pleuré. Elle a dit quelque chose que j'ai trouvé joli. Je ne l'ai pas noté et j'ai oublié, comme d'habitude. J'ai pensé à Lao Tseu et j'ai eu très envie de la serrer dans mes bras.

         Quand je suis revenue, Josette corrigeait des copies, Jean avait disparu. Thierry m'a fait un bisou en me disant qu'il m'aimait mais que j'avais une sale gueule. le café était fait et personne n'attendait devant la photocopieuse.

 

Rédigé par khassiopee

Publié dans #Les Contes de la Luciole (écrits divers)

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C
Bisous pour lêcher tes larmes.
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Y
je me délecte de ton écriture, et j'ai toujours ce petit pincement au coeur à te lire... je t'embrasse ma douce.
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M
Hein ? Bon ben ouais, dimanche j'ai piscine, comme tout citoyen de + de 18 ans, mais samedi j'ai rien de prévu !
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M
Kshhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhssrrr, maidez maidez, attaque de quiche géante sur mail de Luciole, Kshhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhssrrr, pardon pour pourrissage de blog avec comm's à deux pesetas, Kshhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhssrrr, à vous les studios.
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K
Le virus c'est "grolardon" : on prend trois kilos de fesses dans le week end quand on le chope (du même côté les trois kilos) !!!
S
j'ai subitement envie d'aller voir ma mere apres t'avoir lu! va comprendre !
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L
Pfffiouuuu, que dire après ça. On a juste envie de la prendre dans ses bras et de luui fair eun câlin ;-)
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M
Adivina quién es ? Ya no llores, guapa, he vuelto, ya ves, he vuelto.. Mira : un besito. <br /> Pas possible, ça, on se retourne 5 minutes et vlà la Luciole qui se met à couiner. M'enfin ???<br /> Sinon, Thierry, viens voir deux s'condes, faut que j'te pète la gueule. On verra qui c'est qu'a une sale gueule ensuite.<br /> <br /> :))<br /> <br /> Bon, sinon, cuando nos vemos ? En serio ? Que no se te occurra venir à Toulouse sin avisarme, vale ?
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K
Je n'aurais jamais pensé qu'en ce dimanche matin, je puisse faire une si belle découverte ! Et pourtant, je suis tombé sur ton blog et je vais finir par être en retard. Ta plume est douce et précise, j'adooorre ^^
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S
J'adore cette atmosphère de bureau :) Ca me rappelle quand j'étais secrétaire un été, et que je mangeais entre un micro-onde et la cabine des toilettes, dans un préfa : en face le frigo, toujours indifférent, et derrière, les ordi qui ne prenaient pas de pause. C'était ça !
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C
Le recueil, c'est" La héronnière" ? C'est bien alors ? parce que j'avais justement envie de le lire ...<br /> Bises Khass !
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K
C'est "la heronnière" et j'ai beaucoup aimé. Si tu n'étais pas un peu loin je te le prêterais bien
B
Super, as usual! <br /> Envoie tes nouvelles chez gallimard, please!
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K
Oui M'dame, mais il m'en faut un peu plus il faut pouvoir concurencer Jauffret et ses 500 micro fictions : je le hais !
M
Un autre petit commentaire pour une phrase qui me plait beaucoup, "Tu as encore mis un homme devant ses manquements toi, hein ?" ...<br />
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M
C'est dommage de lire ton texte et ne rien pouvoir faire pour consoler ton héroïne.<br /> Heureusement, ses collègues semblent attentionnés à son égard.<br /> Bonne journée Khassiopée,
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M
oui.... effectivement nous sommes fort proches<br /> puisque proche de Bordeaux!<br /> bises!
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M
c'est doux...<br /> tu n'es pas loin de moi il semble...<br /> j'ai des photos ressemblantes!
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