Jour de départ

Publié le 13 Juillet 2006


François et Jean, deux jeunes lot et garonnais, profitent de leurs premiers congés payés pour découvrir la mer en 1936
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Chut ! Tout le monde dort encore....

 
9 Août 1936 : Nous avons traversé Clairac tôt ce matin pour ne pas rater notre train. Nous n'osions pas dire un mot et seul le cliquetis de nos chaînes bien graissées faisait écho au vent qui sifflait à nos oreilles.

Dans la montée de la Maucaubette je me suis un instant demandé si nous avions bien fait d'emporter tout ce barda avec nous. "T'inquiète - m'a hurlé Jean ? c'est tout plat là-bas !". Je n'ai pas entendu ce qu'il me disait après, il riait comme un fou en beuglant les paroles de "Allons au devant de la vie". On a chanté comme ça jusqu'au bout.

 

Ma blonde, entends-tu dans la ville
Siffler les fabriques et les trains
Allons au devant de la vie
Allons au devant du matin

Debout ma blonde
Chantons au vent
Debout amie
Il va vers le soleil levant
Notre pays

Et nous saluerons la brigade
Et nous saluerons les amis
Mettons en commun camarades
Nos plans, nos travaux, nos soucis

Amie l?univers nous convie
Nos c?urs sont plus clairs que le jour
Allons au devant de la vie
Allons au devant de l?amour

La joie te réveille ma blonde
Allons nous unir à ce ch?ur
Marchons vers la gloire et le monde
Marchons au devant du bonheur

Dans leur triomphante allégresse
Les jeunes s?élancent en chantant
Bientôt une nouvelle jeunesse
Viendra au devant de nos rangs

Pour écouter la chanson en lisant : cliquez ici

 

Jusqu'à Bordeaux, on n'a plus rien dit. C'était long et il faisait chaud. Jean, le nez à la fenêtre, ouvrait de grands yeux étonnés.

 A Langon, un voyageur a oublié son journal. " La France ferme ses frontières avec l'Espagne et décide, comme la Grande Bretagne, une politique de non-intervention".

Je reste songeur? et repense à Montesquieu qui disait dans "l'esprit des lois": "Vous vivez dans un siècle où la lumière naturelle est plus vive qu'elle n'a jamais été, où la morale de votre Evangile a été plus connue, où les droits respectifs des hommes les uns sur les autres, l'empire qu'une conscience a sur une autre conscience, sont mieux établis. Si donc vous ne revenez pas de vos anciens préjugés, qui, si vous n'y prenez garde, sont vos passions, il faut avouer que vous êtes incorrigibles, incapables de toute lumière et de toute instruction ; et une nation est bien malheureuse, qui donne de l'autorité à des hommes tels que vous"?

 

                                                                                           A Suivre ...



Rédigé par khassiopee

Publié dans #Eté 36 : De Clairac au Bassin d'Arcachon (récit )

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C
merci à bullotin qui a redonné l'idée de venir lire les congés payés d'avant et meme les premiers<br />  
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S
Ce voyage dans le passé est un bon avant de notre conscience quand la passion  sublime  la sagesse....sourire
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