Veille de départ

Publié le 14 Juillet 2006



François et Jean, deux jeunes Lot et garonnais profitent de leurs premiers congés payés en 1936 pour découvrir la mer.
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La maison de Montesquieu à Clairac

Veille de départ : Il a plu sans arrêt ces derniers jours, et je désespérais de revoir un jour le soleil. D'un côté cela m'a permis de mettre une touche finale à tous mes préparatifs. Jean part avec moi. Jean c'est mon copain de toujours, on a grandi ensemble et si j'avais eu un frère c'est à lui que j'aurais voulu qu'il ressemble.

On a eu un peu de mal à convaincre ses parents, sa mère surtout, ils ne voyaient pas d'un très bon œil notre équipée de deux cents kilomètres en train et en bicyclette. Je les ai rassurés en leur disant que j'avais déjà pris le train l'an dernier pour aller à Bordeaux et que nous dormirions sous la tente que nous a prêtée le fils du patron du Central. Elle est un peu vieille mais elle est encore solide et bien étanche. Quant aux repas, nous ne sommes pas hommes à nous laisser mourir de faim et j'ai trouvé à Marmande un petit réchaud à gaz qui ne prend presque pas de place dans le sac à dos. J'ai réservé nos places à la gare de Tonneins il y a quelques jours et, grâce aux nouvelles mesures nous avons pu bénéficier du billet de train populaire de congé.

 

Tout est prêt. Je ne tiens plus en place. Jean non plus. Pour tromper notre impatience nous sommes descendus à Clairac tout à l'heure. Il faisait bon flâner dans les rues. Les gens avaient ressorti leur chaise dans la rue, et les amoureux s'embrassaient en douce dans la pénombre de la plage. Moi aussi un jour j'aurais une fiancée mais avant, je veux voir la mer, me gorger de son odeur et m'assourdir du bruit des vagues. Après je lui raconterai et je ferai naître des étoiles de bonheur dans ses yeux bleus parce que, elle aura forcément les yeux bleus.

 

Abside de l'église de Clairac (Lot et Garonne)

A force de discuter, on s'est retrouvés au pied d'une grande bâtisse du 15ème   siècle, aux murs en briquettes rose et à pans de bois. Elle est bien mal en point et si on n'y prend garde elle ne sera bientôt plus qu'un souvenir. Ici, on l'appelle Maison Montesquieu. Clairac n'est sur aucune carte et, pourtant, c'est là que Montesquieu, dont l'épouse était clairacaise, a écrit une bonne partie des Lettres Persanes. Jean ne connaît pas Montesquieu, ni Théophile de Viau d'ailleurs natif, tout comme nous de la petite bourgade. Jean n'aime que la terre, les vergers de pruniers et ses bêtes qu'il flatte tendrement quand il est sûr que personne ne le regarde. Derrière l'abside romane de l'église, il se laisse glisser à terre, le nez vers le ciel bleu. Je suis son regard. Tiens, je n'avais jamais remarqué les modillons. Qu'ai-je bien pu regarder depuis que je vis ici ?

 

                                                                                                                  A Suivre ....

Rédigé par khassiopee

Publié dans #Eté 36 : De Clairac au Bassin d'Arcachon (récit )

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M
Bon ben voilà, allez, à plus pour la suite!!!!!<br /> mkdeo
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C
Qelles superbes constructions, une semble fragile de bois et de briques, l'autre indestructible avec ses grosses pierres.
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