Conte pour de faux

Publié le 7 Décembre 2006




Champ de coquelicots, Néracais, Lot et Garonne



"Il était une fois un champ de coquelicots..."
     L'auteur hésita un instant. Quel genre d'histoire peut-on écrire dont le personnage est un champ de coquelicots ? "Aucune" lui cria une voix dans son dos. Il devait bien admettre que cette voix avait raison car, il avait beau se creuser la tête, aucune idée ne lui venait à l'esprit. Il resta un long moment à rêvasser pendant que la chaîne Hi-Fi repassait en boucle le dernier CD de Bénabar Enfin, il prit un air inspiré et écrivit :
    " Il était une fois un champ de coquelicot qui vivait tranquille au bord d'un ruisseau...."
    "Je suis de plus en plus mauvais", constata t-il. "Ce n'était déjà pas glorieux", reprit la voix dans son dos. L'auteur exaspéré, se retourna brusquement. Derrière lui, il n'y avait personne. Il n'en fut pas étonné, il n'y avait jamais personne derrière lui à part cette voix, de temps en temps.
     "Il était une fois, un champ de coquelicots qui vivait tranquille au bord d'un ruisseau. Un beau jour, une princesse vint à passer. Elle trouva le champ si beau qu'elle en tomba éperdument amoureuse..."
    " C'est n'importe quoi !" cria la voix.
       C'est vrai que c'était n'importe quoi : qui a déjà vu un champ de coquelicots qui vit tranquille au bord d'un ruisseau et dont une princesse tombe amoureuse ?
        "Moi, moi !" répondit le chat en s'étirant paresseusement sur un coin du bureau. L'auteur le regarda longuement avant de lui demander : " Et depuis quand te permets-tu de donner ton avis ?". Le chat haussa les épaules et se rendormit aussitôt.
    L'auteur se retrouvait à présent en possession d'un champ de coquelicots tranquilles et d'une princesse amoureuse dont il ne savait que faire. Il se remit à réfléchir. La voix de Bénabar lui vrillait à présent les tympans. Il se leva et éteignit la chaîne.
      "Il était une fois, un champ de coquelicots qui vivait tranquille au bord d'un ruisseau. Un beau jour, une princesse vint à passer et trouva le champ si beau qu'elle en tomba éperdument amoureuse. Hélas, le coeur du champ de coquelicots battait pour un champ de blé qui dévalait de la colline. Quand la princesse l'apprit, elle ordonna au fermier de faucher le blé sur le champ (l'auteur fut assez fier de ce trait d'humour). Le champ de coquelicots horrifié, vit disparaître un à un les blonds épis adorés dans le ventre d'une énorme moissonneuse-batteuse. La princesse se frottait les mains. Malheureusement, le hasard, qui fait parfois bien les choses, précipita soudain sur elle un éclair isolé qui la foudroya sur le champ instantanément."
    L'auteur soupira d'aise : les choses allaient au mieux pour lui. "Ton histoire n'est pas finie, que fais-tu du champ de coquelicots et du ruisseau ?" glapit encore la voix dans son dos.
    ".... qui la foudroya instantanément. Dans les semaines qui suivirent, une terrible sécheresse s'abattit sur la région. L'eau arrêta de courir dans le ruisseau puis, son lit se dessécha complètement." "Et voilà, murmura l'auteur satisfait, le problème du ruisseau est réglé, quant au champ de coquelicots, je verrai ça demain". Il éteignit son ordinateur et alla se coucher.

        PETITES ANNONCES CLASSEES
       
       Affaire à saisir : Cède cause reconversion professionnelle, champ de coquelicots presque jamais servi. Téléphoner heures des repas ou laisser un message à la voix qui transmettra.



Rédigé par khassiopee

Publié dans #Les Contes de la Luciole (écrits divers)

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B
c'est délicieux et la photo aussi!
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B
C'est difficile à recaser mais j'en reprendrais bien un peu de ce champ de coquelicots, on pourrait l'appeler le chant des coquelicots et le chanter sur le champ.... bon j'arrête, je fatigue!
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K
C'est des coquelicots tu sais... pas des pavots !
Y
J'adore les coquelicots, mais je suis incapable d'en faire une histoire, ou bien alors elle serait triste... Cette petite voix m'en rappelle une autre... tu te souviens ? celle de celui qui hantait les réverbères...Bisous doux ma luciole préférée.Ysa
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L
Ne serais-tu pas un peu fatigué en ce moment. Courage, le vacances approchent.Ton annonce m'intéresse bien mais j'aurais préféré un champ de pavot. Ca aurait été plus lucratif :))Trêve de plaisanterie, je trouve ce texte très bon. Tu arrives à faire un histoire avec presque rien. Bravo.
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K
Pas de pavot en magasin : tu vois avec Boguy pour partager ce champ
C
Ah ah ! la pirouette qui permet de retomber sur ses pattes ...
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F
J'aime le chant du coq likko, le matin au lever du soleil :-)<br /> Bien rafraichissante cette nouvelle là !<br /> Bisous<br /> Fabrice
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M
Merci pour ce texte et pour la conclusion qui m'a fait mourir de rire !
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